
L'été met les jardins à l'épreuve. Entre les fortes chaleurs, les sols qui se dessèchent et les restrictions d'eau qui reviennent chaque année dans le Loiret, quelques gestes bien choisis font toute la différence entre un jardin qui tient et un jardin qui grille. Voici le guide complet de l'été : arrosage, tonte, tailles, potager, massifs, ravageurs et réglementation locale — l'essentiel à faire, et à ne pas faire, de juillet à la rentrée.
L'erreur la plus courante l'été, c'est d'arroser un peu tous les jours. L'eau reste alors en surface, les racines ne descendent pas, et la plante devient dépendante — la moindre journée sans arrosage la fait souffrir. Le bon principe est inverse : arroser copieusement, mais espacé. L'eau pénètre en profondeur, les racines vont la chercher, et le jardin gagne en autonomie et en résistance.
Le bon moment. Arrosez de préférence tôt le matin : l'évaporation est minimale et le feuillage sèche dans la journée, ce qui limite les maladies. En soirée, c'est possible aussi, mais visez alors le pied des plantes plutôt que les feuilles.
Les besoins varient selon ce que vous arrosez :
Un seul arrosage copieux une à deux fois par semaine suffit, plutôt qu'un passage quotidien. En cas de forte sécheresse, une pelouse qui jaunit n'est pas morte : elle entre en dormance et reverdira aux premières pluies.
Un arrosage abondant au pied, tous les 7 à 10 jours, en formant une cuvette pour retenir l'eau.
Ce sont les plus exposées. Par forte chaleur, elles peuvent réclamer de l'eau chaque jour, voire deux fois par jour.
(moins de deux ans) : elles n'ont pas encore un enracinement profond et demandent une surveillance plus rapprochée que les végétaux installés.
Au pied, jamais sur le feuillage (voir plus bas).
En été, on tond moins court et moins souvent. Une pelouse rasée à ras se dessèche et jaunit en quelques jours. En remontant la hauteur de coupe à 7 ou 8 cm, le sol reste ombragé, l'humidité est préservée et le gazon supporte bien mieux la chaleur.
La tonte « mulching » forme un paillis naturel qui protège et nourrit le sol.
Une coupe nette cicatrise mieux qu'un arrachage qui fragilise le brin.
Fauché seulement à l'automne, cela favorise la biodiversité et les insectes utiles.
L'été n'est pas la grande saison de taille, mais quelques interventions comptent — à condition de savoir ce qu'on coupe.
La période sensible pour les oiseaux court de la mi-mars à la fin juillet. Détruire un nid occupé est interdit par la loi sur la protection des espèces. Durant cette fenêtre, mieux vaut reporter la taille ou, à défaut, vérifier soigneusement l'absence de nid actif avant toute coupe. À partir du mois d'août, la voie est plus dégagée pour une taille de mise en forme.
Ceux qui ont fleuri au printemps et en début d'été se taillent juste après la floraison — weigela, deutzia, seringat, spirée de printemps, lilas s'il ne l'a pas encore été. On raccourcit les rameaux défleuris pour garder une belle silhouette et préparer la floraison de l'an prochain.
Les hortensias (dont les fleurs fanées protègent les bourgeons de l'hiver) et, plus largement, les arbustes à floraison printanière qui forment déjà leurs boutons pour l'année suivante. Les tailler maintenant, c'est se priver de fleurs.
Retirez régulièrement les fleurs fanées en coupant juste au-dessus d'une feuille à cinq folioles. Ce geste relance la floraison pour tout l'été.
C'est la saison de la taille en vert. Sur les pommiers et poiriers, pincer les jeunes pousses et supprimer les gourmands améliore l'ensoleillement et la qualité des fruits. Les fruitiers à noyau (cerisier, prunier) se taillent de préférence en été, après la récolte, pour limiter les maladies.
Pour garder des massifs généreux jusqu'en septembre, retirez au fur et à mesure les fleurs fanées des annuelles et vivaces : la plante, au lieu de faire des graines, repart en floraison. Un apport léger d'engrais organique soutient les plantes très fleuries et les potées, sans excès. Et n'hésitez pas à remplacer les sujets épuisés par des plantes d'été résistantes à la sécheresse pour un jardin qui reste beau sans forcer sur l'arrosage.
Le potager demande une attention régulière, mais rend bien l'effort.
Le matin, jamais sur le feuillage : c'est la meilleure prévention contre les maladies. Un bon paillage entre les rangs garde le sol frais et limite le désherbage.
Courgettes, haricots, tomates et concombres cueillis régulièrement produisent davantage. Sur les tomates à tiges indéterminées, supprimez les gourmands et surveillez le mildiou (taches brunes sur feuilles et fruits), surtout après un épisode humide.
L'été est le moment des semis d'automne : carottes, radis, salades, mâche et navets semés maintenant se récolteront à l'arrière-saison.
La chaleur favorise plusieurs indésirables. La bonne méthode consiste d'abord à observer et à agir de façon ciblée, plutôt qu'à traiter tout le jardin par principe :
Un jet d'eau, une pulvérisation de savon noir dilué, et surtout la présence de coccinelles suffisent le plus souvent à les contenir.
Feutrage blanc sur rosiers, courgettes, vivaces : aérez les plantations, évitez de mouiller le feuillage, retirez les feuilles atteintes et espacez les sujets pour faire circuler l'air.
Elles prolifèrent par temps chaud et sec ; une brumisation régulière du feuillage les décourage.
Inspectez vos buis (chenilles et fils soyeux) ; le ramassage manuel et un traitement à base de Bacillus thuringiensis permettent de limiter les dégâts.
Favoriser les auxiliaires (coccinelles, oiseaux, hérissons), diversifier les plantations et soigner l'hygiène du jardin restent les meilleures protections sur la durée.
L'été est aussi le moment d'anticiper. Fin août – début septembre, c'est la bonne période pour regarnir les zones de pelouse abîmées, alimenter le compost et planifier les plantations d'automne — la saison idéale pour installer arbustes et vivaces, qui s'enracineront tout l'hiver avant de repartir vigoureusement au printemps. Un jardin qui aborde l'automne en bon état vous fera gagner du temps toute l'année suivante.
Un jardin ne se rattrape pas en une intervention. Notre principe est simple : léger et régulier vaut mieux que lourd et ponctuel. Un suivi tout au long de la saison — arrosage raisonné, tonte adaptée, tailles au bon moment, œil sur les ravageurs — demande moins d'efforts et donne un résultat bien plus durable qu'une grosse remise en état une fois par an. C'est toute la différence entre subir son jardin et en profiter.
Bon à savoir : l'entretien du jardin ouvre droit au crédit d'impôt de 50 %.
Vous manquez de temps pour suivre votre jardin cet été ?
Entretien du jardin en été dans le Loiret : le guide complet, de juillet à septembre